Le journal de bord - 2019

Premiers iceberg dans le détroit de Belle Isle

L’arrivée - 2 Mai


Le 2 mai, nous atterrissons à Montréal à 19 h 20, avec une heure d’avance, c’est une première pour nous. Notre ami nous attendait et nous conduisit chez lui, au manoir. Là-bas, toute notre « famille québécoise » était restée éveillée pour nous accueillir. S’en suivit l’émotion des retrouvailles et une fête pour célébrer l’événement. Grands moments. Le 4, vastes regrets, nous quittons les « hommes du manoir » pour nous rendre à Rimouski en compagnie des « gens du Bic » venus spécialement dans le Sud pour nous transférer à notre destination. Ils veillent sur nous et sont incomparables de gentillesse et de disponibilité. Grand merci à eux pour cette aide précieuse.

Le 6, nous rejoignons enfin Adélie ; toujours anxieux de voir comment il a supporté l’hiver. Bonne nouvelle, aucune humidité à l’intérieur. Tout paraît correct.

Après un gros travail de rangement et de nettoyage (pas encore terminé) le capitaine commence à faire un état de lieux technique. Et là, c’est un non négligeable problème. Les batteries sont chargées, mais nous n’avons pas d’électricité. Casse-tête en perspective.

Côté météo, c’est toujours l’hiver. La végétation reste endormie et il fait une moyenne de 10° dans la journée. Nous sommes le 10, il pleut et le vent s’est levé. Nous voici à nouveau dans l’ambiance nordique. Nous sommes bien loin des 23° affichés lorsque nous avons quitté le Sud de la France.

Le temps passe trop vite ! Nous sommes le 15 mai et une météo, toujours hivernale (il fait en moyen 8 à 10° alors qu’en général, c’est autour de 15° en cette période de l’année) nous retarde. Il pleut souvent et l’humidité bloque les travaux de réfection des pourtours des hublots. Côté électricité, le problème est réglé et tout est conforme à nos attentes. Avant de partir, nous voulons rafraîchir la salle bains, disposer du liège sous les couchettes pour une meilleure isolation et faire un nettoyage de printemps complet. (Gros rouleau de liège offert par nos amis du manoir en guise de présent de départ. Encore merci à eux sans qui notre escale québécoise aurait été bien plus malaisée.)

C’est compliqué. La pluie et l’humidité qui en résultent ne nous permettent pas d’agir selon notre bon vouloir. Nous devons filtrer le gasoil qui reste dans le réservoir, installer les feux de route en haut du mât, voir s’il est possible de refaire fonctionner le pilote automatique et faire la révision du moteur. Il faudra aussi installer le lazy jack. Qui a dit qu’il était simple de partir en mer…

Ensuite, viendront l’avitaillement, le remplissage des réservoirs en eau et en gasoil.

Une fois tout cela terminé, nous pourrons mettre Adélie à l’eau et, enfin, mettre les voiles.

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La Marina en Mai

Pose du liège - Protection froid
Réserves - Mise sous vide

Juin


Où rien ne se passe comme espéré. Nous sommes le 3 et nous devions mettre Adélie à l’eau. Malheureusement, la météo en a décidé autrement. Le mois de mai a été exécrable et nous avons des températures rarement au-dessus des 10°. Le soleil fait son apparition très temporairement et les vents sont froids. Résultat, nous avons galéré pour faire les travaux. Toutefois, nous sommes prêts et la mise à l’eau sera une vraie délivrance.

Mercredi 5 juin 15 H, c’est le moment. Ce fut une mise à l’eau impeccable, sous le soleil. Nous tenons à remercier grandement Renaud, Claude et Nathalie II pour leur professionnalisme et leur gentillesse. C’est une équipe qui a su conjuguer l’esprit d’équipe et l’efficacité technique. Quant à Nathalie I, responsable administrative, nous la considérons comme un lien majeur de la marina. Son savoir-faire, son humour et sa disponibilité font d’elle un pilier irremplaçable. Grâce à eux tous, cette marina est une halte remarquable.
Rimouski – 7 Îles

Dimanche 9 juin - Départ à 10 h 10 – Arrivée le lendemain à 15 h 44.
145 Nm – 36 h
Nous quittons la marina sous le soleil et un St Laurent lisse. Grande voile et vent de face, nous devons utiliser le moteur. Durant toute la balade, nous n’avons pas eu l’opportunité de pouvoir l’éteindre. Bien dommage !
Nous venons d’entrer dans le monde maritime ; d’autres règles, une autre manière d’appréhender les choses, des sensations inconnaissables aux terriens. Nous sommes à nouveau dans notre élément et c’est si bon, même si nous avons le cœur gros de laisser tous ces gens qui nous aimons tant. Il est certain que nous les retrouverons. Nos liens sont si forts.
En fin d’après-midi, les nuages nous rattrapent et nous commençons à être secoués. C’est le retour aux conditions « naturelles » d’Adélie. La nuit à été quelque peu agitée et nous avons eu le plaisir de voir un vol d’oignons traverser le carré. En effet, nous avons un filet, situé au-dessus de la table, qui sert à ranger certains légumes et fruits. Les bananes n’ont pas considéré utile de suivre. Bonne nouvelle.
Bref ! Vent de face durant toute la navigation et une bonne agitation en prime. Conditions peu confortables, mais très gérables.
Nous sommes mouillés à l’anse des Prairies entre l’île de la Grand Basque et la Petite Basque. Nous connaissons, puisque nous y sommes restés l’année dernière. Le cadre est agréable et nous sommes seuls.
Surprise, vers 3 H du matin, réveil brutal. L’ancre dérape ! Adélie se retrouve presque au milieu de la baie. Super, nous avons évité de nous cracher sur les rochers.
Bien, il faut à peu près deux secondes pour sauter dans les bottes, faire défiler mentalement tout ce qu’il y a à faire, passer une veste, une tuque, des gants, prendre les talkies, les lampes frontales et action. Capitaine aux manoeuvres et « mousse » à la proue. Nous retournons nous ancrer à côté et voilà. Dodo. C’est la deuxième fois qu’il nous arrive de déraper. La première était à Portocolom aux Baléares (voir notre historique) et cette fois-là, ça a été du sport.
Donc, tout va très bien « pour l’instant » (Humour). Nous sommes reposés et profitons de cette halte tout en étant attentifs aux conditions météo.

Mercredi 12 juin
Vers une heure du matin. Nous sommes réveillés en sursaut par un gros boum et un raclement tout aussi sinistre que lugubre. Nous touchons les rochers, une première. Nous avons fait un bon historique, sautés dans nos bottes et nous sommes habillés un minimum. L’adrénaline est montée en flèche. Clé déjà en place, moteur. Nous reculons, puis remontons l’ancre. C’est le safran qui a touché, mais sans dommages (il s’est remonté, fort heureusement. Si nous en avions eu un fixe, c’était « mort »). Le vent s’amplifie de plus en plus, la mer est agitée, il faut bouger. Capitaine à la barre et mousse à l’avant pour vérifier la remontée de l’ancre. Il fait très froid, mais l’adrénaline fait son office, aucun ressenti.
Nous ancrons à l’anse à Zoël (que nous connaissons aussi), protégés des vents Sud-Ouest et Ouest. Après plusieurs vérifications quant à la bonne tenue de l’ancrage, nous retournons dormir et nous réchauffer ; ce qui a demandé une bonne demi-heure.
Tout va bien. Nous sommes abrités et allons laisser passer la perturbation. Le Navtex nous indique les avis de coup de vents et les conditions météo par zone. Radio Canada vient de nous informer de l’absence de traversier pour la journée.
Le ciel est gris, il bruine, nous sommes à peu près stables. Demain sera un autre jour.

Jeudi 13 juin
Nous nous sommes bien faits « brasser » hier après-midi. Ce matin, ciel bleu et soleil.
Par contre, il ne faut pas se fier aux apparences. Dixit la météo, rien de bon ne nous attend ; même du « pas bon du tout ».
Nous quittons le mouillage pour rejoindre la marina de 7 Iles et attendre des jours meilleurs (nous serons sans doute bloqués jusqu’à lundi). Qu’à cela ne tienne, nous en profiterons pour nous reposer et visiter la ville (si les pluies, qui commencent ce soir, veulent bien faire une halte).

Brumes aux Mingans

Mardi 18 juin
Départ à 10 h 54. Arrivée aux Mingan le lendemain à 9 h 05
99,8 Nm – 20 h 49 Vitesse moyenne de 4 nœuds.
Jusqu’en fin d’après-midi, soleil et léger vent nous permirent de naviguer sous génois. Ensuite, et jusqu’à l’arrivée aux Mingan, ce fut « risée Beta » (moteur).
Nous avons eu droit à un splendide lever de pleine lune sur une eau lisse comme un lac ; magique.
Nous sommes au mouillage à l’anse Quarry. C’est un lieu digne d’une carte postale. Nous y avions fait une halte l’année dernière. Nous sommes seuls au mouillage. Une navette dépose les touristes qui visitent l’île.
Depuis notre arrivée, hier matin, c’est le grand calme et nous avons récupéré de notre nuit de quart. Nuit où nous avons à nouveau endossé nos combinaisons « grand froid ». Il fait bien plus frais qu’en juin 2018. Décidément, le printemps tarde à se matérialiser. Pour l’instant, nous n’avons pas encore mis le chauffage dans le carré…Mais.
Vendredi 21 juin
Fête de la musique – Bientôt la Saint Jean et solstice d’été !!!
Brouillard et pluie ce matin. Radio Canada diffuse son enthousiasme estival ; comme quoi l’appréhension des choses est subjective. Tout va bien à bord.
Samedi 22 juin
Nous attendons le passage de la dépression, en sécurité, à la marina du Havre Saint Pierre.
La secrétaire de la marina à tout de suite reconnu Adélie (et nous) lorsque nous nous sommes amarrés. Il y a un an (le 21 pour être exacts) nous étions à la même place, dans la même attente du passage d’une dépression. Cela donne un sérieux sentiment de déjà-vu.
Ils annoncent une canicule en France. Si un peu de chaleur pouvait parvenir jusqu’ici, nous serions ravis.
Le bateau et l’équipage vont bien. Nous avons hâte d’être à Red Bay. Pour nous, le voyage va commencer là. En effet, nous avons fait cette balade l’année dernière (même si rien n’est jamais pareil en mer) et nous sommes impatients de continuer le voyage.

La météo du WE

Mardi 25 juin
Départ du Havre St Pierre à 11 h 26. Arrivée à Red Bay jeudi 27 juin à 22 H 30
314 Nm –Vitesse moyenne de 5,4 nœuds.
Une navigation sous le soleil. À part quelques heures de bonheur sous voile (grande voile et génois), nous avons cruellement manqué de vent. Nous nous y attendions, dans la mesure où notre choix de départ a été en fonction de notre possibilité de rejoindre Red Bay le plus rapidement possible avant l’arrivée d’une autre dépression. Nous avons donc navigué au moteur sur une eau calme. Une balade peu attrayante jusqu’à l’entrée de Belle Ile. Là, nous apercevons nos premiers icebergs au début de la tombée de la nuit. Un dégradé de couleur allant du blanc au bleu pâle avec toutes les nuances intermédiaires. Malgré la fatigue, nous avons grandement apprécié le spectacle.
Nous sommes au mouillage, c’est tranquille et nous avons une belle vue sur toute la baie.
Vendredi 28 juin
Toujours grand soleil. La météo n’a plus rien à voir avec celle que nous avions subi à la même période l’année dernière. Le chauffage est une option que nous n’avons pas encore prise. Après être « tombés de sommeil », nous sommes en forme et très heureux d’être là.
Le quai d’accueil, où nous étions l’année dernière, n’est plus en service ! Il a été détruit et est en passe d’être reconstruit. Nous allons devoir utiliser l’annexe pour rejoindre la terre (annexe non utilisée depuis deux ans à Percé ; ça date). Demain, nous irons à la maison communautaire pour accéder au wifi.
Dans les jours qui suivent, après avoir pris connaissance de la météo, nous monterons vers Cartwright et attendrons une opportunité pour traverser vers le Groenland – Nuuk.

Lundi 1er juillet
Départ de Red bay à 8 H 43. Arrivée à Pitts Harbour à 14 H 50
29 Nm –Vitesse moyenne de 4,7 nœuds.
Nous sommes dans très joli mouillage ; seuls. Nous entourent, la forêt et quelques maisons qui semblent vides et l’une abandonnée. L’endroit est montagneux et il nous fait plaisir de revoir des arbres dont la côte est dépourvue.
Partis sous un vague soleil, nous avons navigué sans problème jusqu’ici, mais laissé le soleil en route. Nous l’avons retrouvé en arrivant. L’étape était courte et sans grand intérêt. Durant la navigation, nous nous sommes remémorés nos escales et mouillages aux caraïbes, histoire de passer le temps et d’oublier la grisaille qui nous entourait.
Nous avions un petit vent de face ainsi qu’un clapotis plus désagréable que problématique.
Nous resterons ici jusqu’après le passage d’une dépression prévue pour demain.
Tout va très bien à bord.
Demain, nous avons prévu de faire des crêpes. Le cidre va manquer cruellement à l’appel. Pas grave, nous nous en passerons fort bien.
Mardi - Mercredi – 3 juillet
Deux jours sans visibilité. Pluies, brouillard et vents parfois significatifs en rafales. Bref, la dépression passe et nous attendons ; toujours en vigilance. En cette fin de matinée, nous apercevons les reliefs et le ciel s’éclairci à l’Est. Le chauffage fonctionne bien et c’est un bonheur que de sentir sa chaleur se propager dans le carré.
jeudi – Vendredi 5 juillet
Nous pensions pouvoir partir ce matin. Il n’en est rien, même si les Grib annonçaient une amélioration pour aujourd’hui. Le Navtex annonce que nous sommes toujours sous la dépression et des vagues à 3 m. Pas le choix, nous attendons !
La routine s’est installée à bord. Loin d’être désœuvrés, nous avons nos ordinateurs pour travailler et les Ipad pour lire. Nous sommes attentifs à la bonne tenue du mouillage et observons une veille visuelle pour notre sécurité. RAS, tout va bien.
Toujours grisaille et bruine en ce vendredi. Le Navtex nous promet des vents du Sud, nous pourrons donc bouger. Excellente nouvelle qui, nous l’espérons, sera conforme aux prévisions.
Notre destination sera Mary’s Harbourg où nous espérons trouver un Wifi.
Le chauffage est toujours nécessaire et, grâce à lui, c’est confortable à bord. Nous n’avons pas vu âme qui vive depuis notre arrivée. Les animaux, terrestres ou aquatiques sont aussi invisibles.
Samedi 6 juillet
Il pleut ! Levés à 6 h, nous prenons connaissance des conditions météo du jour. Sont annoncés des vents à 30 nœuds dans l’après-midi et une hauteur de vagues significative. Nous n’aurons pas le temps d’arriver à Mary’s Harbourg avant un « carton » probable. Comme c’est une zone où il faut naviguer entre les rochers… Nous restons ici, dans l’attente. Demain ne s’annonce pas meilleur. Bref ! nous ne sommes pas ravis. Notre optimisme récurant commence à s’étioler. Nous sommes entre deux perturbations au Nord comme au Sud, rien ne nous est favorable.
Pour l’instant, c’est relativement calme au mouillage, mais nous risquons de gigoter dans la journée. Attendre et voir…
Dimanche 7 juillet
Enfin, le soleil qui réchauffe le mental et Adélie. Nous avons sortis les couchages dans le cockpit. En clair, nous ventilons tout l'intérieur du voilier. Voila qui fait du bien après tous ces jours de pluie et d'humidité.
Demain, nous serons à huit jours de blocage ! Dans notre univers "hors monde terrestre", nous n'avons plus idée de ce qui se passe au-delà de notre mouillage. Nous ne captons aucune radio. Pas d'inquiétude, la terre ne s'arrête pas de tourner pour autant. Nous finirons bien par pouvoir sortir d'ici. Patience, patience.
Cette fois, nous sommes soumis aux vents d'Ouest et notre cher Navtex nous prévoit des vents forts. Les rafales sont parfois notables, mais nous n'avons pas de houle. La baie est bien protégée.

Gallery

Vues du cockpit

Lundi 8 juillet
Ciel nuageux, mais nous avons du soleil en alternance avec la pluie. Il fait bon et nous n'avons pas allumé le chauffage depuis avant hier. Le vent est Nord/Ouest et il est prévu du 30 noeuds. Toujours au mouillage, nous prenons notre mal en patience.
Tout va toujours très bien à bord. Nous ne manquons de rien si ça n'est une belle envie de naviguer.
Mardi 9 juillet
Nous sommes toujours là. Il est 8 h 14 et, comme tous les matins, nous faisons un état des lieux météorologique. Il bruine. Une petite houle nous berce. Si le Navtex n'est pas optimiste pour la journée. Demain devrait être un bon jour pour lever l'ancre. Le baromètre remonte légèrement après sa dégringolade de la semaine.
Tout va bien à bord. Le chauffage fonctionne bien et le paysage qui nous entoure aspire à la sérénité.
Mercredi 10 juillet
Comme tous les matins, nous nous sommes levés à 6 h et avons consulté le Navtex. Une fois de plus, pas moyen de partir ce matin ! Il pleut et la grisaille est pire qu'hier. Nous avons l'impression d'être sous une chape nuageuse qui ne veut pas bouger.
Cette fois, la coupe est pleine. Nous faisons demi-tour et ce, pour plusieurs raisons :
- La météo qui nous bloque dans des conditions problématiques,
- Notre consommation de gasoil qui explose en raison d'une navigation moteur qui risque fort d'être le quotidien jusqu'au Groenland (on ne parle même pas de ce que demande le passage du Nord/Ouest). Notre estimation du budget dépasse nos possibilités financières.
- Nous sommes déjà le 10 juillet et l'échéance pour être sur zone devient trop réduite, surtout si nous devons faire demi-tour au Groenland.
Donc, pour toutes ces raisons, nous allons au Sud.

D'ici, nous rejoindrons Red Bay, puis Terre Neuve, Saint Pierre et Miquelon et prendrons la route vers les Etat-Unis.
Le changement de programme est radical. Nous ne sommes pas masochistes et l'idée de pouvoir refaire de la voile nous réjouit, dommage pour le Groenland. Nous avons tout de même vu des icebergs et tâté de l'ambiance nordique.
Si le grand Nord était l'un de nos grand rêve, il n'est pas le seul. Nous allons explorer d'autres lieux et qui sait ce que notre route va nous faire découvrir. L'histoire continue, le moral excellent
Jeudi 11 juillet
Hier a été l'une des plus mauvaises journée depuis notre arrivé ici. La nuit a été mouvementée. Entre pluies, rafales et vents, parfois violents, l'ambiance n'était pas vraiment à la fête. Adélie s'est baladé dans tous les sens, parfois à une belle vitesse.
Ce matin, le vent s'est un peu calmé, il ne pleut plus et l'horizon, côté mer, s'éclaircit. L'ancrage a tenu. Nous avons pu dormir un moment.
Cerise sur le gâteau, le Navtex n'a diffusé aucune prévision météo et il est 9 H 40.
A part ce temps de M…. tout va bien.
18 h 40. Les vents se sont un peu calmés et nous avons même eu du soleil dans l'après-midi.
Problème !!! Nos Ipad sont tous les deux en rade. Il "demandent" une connexion à ITunes pour se réactiver !!!! Super ! C'est une première. Nous devrons utiliser le Mac pour suivre la route, ce qui n'est pas hyper pratique dans le cockpit (tous les instruments sont dans le carré). Enfin, nous "ferons avec".
Le Navtex reste muet. Il y a des jours où…..
Vendredi 12 juillet
Nous sommes enveloppés dans une nappe de brouillard depuis hier soir. Pas un bruit, mer d'huile. Nous avons passé une nuit au grand calme, grand bonheur.
Le Navtex donne signe de vie. Nous aurons des vents de Sud-Ouest jusqu'à 20 noeuds. Comme nous descendons sur Red Bay, autant dire que nous aurions fait presque du sur place, car vent de face, sur une mer peu confortable.
Pour demain est annoncé 10/15 noeuds vents de Sud-Ouest variables. Nous bougerons donc demain. Les conditions météo seront "plus favorables". A voir…
Il est 8 h et nous sommes immobiles.
Bloqués depuis 12 jours ici. Nous espérons qu'amis et famille ne s'inquiètent pas. Surtout nos québécois. Nous avions bien prévenu qu'il était bien possible que nous ne donnions pas signe de vie durant de longs moments mais… 
Samedi 13 juillet
Départ de Pitts Harbourg à 7 H . Arrivée à Red Bay à 14 H
30 Mn
Navigation avec petit vent de face, pas grave, et houle de face, pas grave !!! Il nous fallait sortir de ce mouillage. Nous commencions à ressentir un début de claustrophobie. Ciel gris et mer plate en arrivant.
Nous mouillons au même endroit. Une fois l'ancre lâchée avec sa bonne longueur de chaine, le capitaine recule légèrement pour vérifier tenue du mouillage. Et là, la tuile ! Un "boum" et l'embrayage ne répond plus. C'est l'arbre de l'hélice qui vient de se désolidariser du moteur. Les quatre boulons du tourteau ont cassé net.
En ce moment, le capitaine essaie de voir comment l'on peut réparer. Une chose est certaine, nous n'avons pas les boulons correspondants à bord. La, la…
Soyons positifs ! ce genre de galère peut arriver, même si c'est, à notre connaissance, très rare. Puis, nous sommes sur un mouillage, en sécurité (du moins, pour l'instant). imaginons que ça nous soit arrivé au milieu de nulle part ! l'histoire aurait été bien plus compliquée (même si elle n'a rien de simple). Alors, bien que nous soyons dans une belle galère, ça aurait pu être bien plus grave.
Demain, Jour de notre fête nationale, nous prendrons l'annexe et irons à la salle communautaire pour nous connecter au wifi. A suivre…
Restons Zen, demain est un nouveau jour.

Ancrage à Pitts Harbourg

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