Regard de “Bipèdes II"

Nos sujets d’étude ont maintenant deux années de navigation leur actif. Loin de penser qu’ils maîtrisent mers et océans, ils ont toutefois acquis une petite expérience qu’il va être intéressant de développer. Nous allons nous intéresser plus particulièrement aux comportements humains des bipèdes en milieu maritime.


 - Marins en années sabbatiques. La plupart du temps, ces voyageurs font escale dans les ports incontournables des grandes routes maritimes. Lieux où font escale presque systématiquement les marins ayant de longues routes à leur programme. Très souvent en famille, ils ont préparé avec soin leur voyage mais sont rapidement confrontés à leur manque d’expérience. Les enfants à bord compliquent sérieusement les décisions à prendre. Ils paient leur erreur de s’embarquer à long terme sans avoir vraiment testé les possibles de la famille. 

Marins navigateurs.

Ils ont mis les voiles depuis plus ou moins longtemps et rejoignent leur pays le moins souvent possible. Peu nombreux, ils se reconnaissent instinctivement. Leurs bateaux sont des créations dédiées aux longues aventures. Ils se distinguent facilement car sont généralement bien armés. Un voilier de voyage s’identifie au premier coup d’œil.
De ports en marinas, nos bipèdes ont croisé toute cette faune aussi diverse que variée de la Méditerranée aux Caraïbes. Ces concentrations massives d’individus dans ces microcosmes sont à des années lumière de toute philosophie maritime. Parfois révoltés par des comportements où le chacun pour soi est la règle, ils restent souvent « scotchés » par un manque criant de courtoisie et de politesse.
Un ponton n’est pas large et il est tout à fait impossible de croiser un autre bipède sans le voir. Le minimum est de dire bonjour ou au moins d’esquisser un sourire voire un petit signe. Et bien non, sans doute certains sont-ils littéralement hypnotisés par le revêtement du ponton qu’ils ont les yeux rivés dessus ou d’autres devenus automates, ont tout à coup le regard fixe porté sur un point excluant totalement le bipède qui lui fait face. Dommage et navrant.
Mais tout n’est jamais noir ou blanc. Fort heureusement, dispersés dans ce volume humain, quelques bipèdes marins sont aussi en escale (généralement technique car aucun voyageur n’a l’envie des rester dans ces lieux surpeuplés) et s’ils ont la chance de se croiser, de grands moments sont alors possibles.
Cet instantané du peuple des ports n’exprime aucun jugement. Il est la simple présentation d’un état des lieux géographiquement ciblé (Méditerranée et Caraïbes) dans laps de temps donné (ici deux ans).
D’autres lieux et d’autres aventures sont à venir ; le bipède marin n’en doute pas un instant…… n’est-ce pas le sel de l’aventure et de la découverte ?

Regards de "Bipèdes III" .

1 – PORTS ET MARINAS

 Lieux privilégiés où croiser une faune qui se veut être nantie du « label nautique ». Nos bipèdes sont intrigués. En Méditerranée, et spécialement aux Baléares, ils ont été confrontés à l’indifférence et au manque de courtoisie chronique des professionnels et des autochtones et ce, hors saison. Aucun bipède à bord d’un voilier de voyage à l’horizon… Ils ont continué leur chemin en espérant « le meilleur » pour la suite et oublié très vite les désagréments de ces escales sans intérêt.

« Radio – pontons »

Une institution non répertoriée dont les membres sévissent allègrement dans tous les lieux animés. Ils peuvent être une source d’information précieuse où un cauchemar s’ils alpaguent systématiquement chaque bipède dès qu’il met le nez hors de son cockpit. Un besoin de communiquer ou simplement d’exister, c’est selon. 

Le peuple des ports

 La population varie suivant les lieux mais certaines constantes persistent. Dans cet instantané, sont exclus ports de pêche et ports industriels.

- Marins professionnels.
C’est l’armada des loueurs de voiliers et des « baladeurs de touristes » Ils sont pléthore dans les zones touristiques. La majorité ignore les non professionnels et agissent souvent en « propriétaires » des lieux.

- Marins amarrés à jamais. Le physique ou le mental a lâché ; parfois les deux. Le plus souvent d’un certain âge, pour ne pas dire d’un âge certain, ces solitaires sont avides de contacts. Besoin d’échange et volonté de rester les marins qu’ils ont été. Ils deviennent des « figures » du port. Ils connaissent tout le monde, tout le monde les connaît. Ils ont bouclé leur histoire maritime à jamais.

- Marins d’occasion. Voici le grand peuple des marinas et ports de plaisance. L’on croise deux cas de figure : les résidents qui vivent pratiquement à l’année sur leur voilier et les intermittents qui investissent leurs embarcations pour quelques escapades plus ou moins longues. 85 % de ces populations sont des terriens qui assiègent momentanément l’espace maritime mais dont le mental ignore d’état d’esprit marin. Ce sont des « consommateurs » sans éthique. Ils adaptent simplement leur mental et leur manière d’agir de terrien à un autre milieu sans chercher ni à le comprendre ni à s’adapter. Nous sommes là très très loin de la pensée maritime. On les trouve à peu près dans toutes les zones hautement touristiques où leur concentration devient parfois très problématique comme, par exemple, en Méditerranée ou aux Antilles.
- Marins d’un an. Depuis environ une vingtaine d’années est né un phénomène intéressant à observer : la production de marins d’une année. Souvent jeunes, ils ont pour objectif de boucler en ce laps de temps un tour France/Antilles et retour. Comme s’il était nécessaire d’inclure cette expérience dans leur curriculum vitae au même titre que leurs diplômes. No comment.


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