Regards de « Bipèdes » VI

 LES ÉTATS UNIS — AMÉRIQUE DU NORD

 Durant les quelques mois où nos bipèdes ont vécu sur la côte Est, ils ont eu l’occasion d’entr’apercevoir le quotidien des Américains et d’évaluer les différences de culture entre la vieille Europe et le nouveau continent. Elles sont pléthore.
Tout d’abord, l’alimentation qui, surtout pour un français, relève de l’aberration. Il suffit d’observer les populations pour se rendre très vite compte qu’il y a énorme problème d’obésité et une carence évidente d’éducation nutritionnelle.
Les supermarchés regorgent de produits aux compositions qui provoqueraient une crise cardiaque rien qu’à la lecture. Pour s’alimenter, il suffit de n’acheter aucun produit fini et de trouver, si possible, des ingrédients adéquats. Quelques exemples : pour la volaille, l’on ne trouve que du poulet (oubliez le label rouge) et à la cuisson, il faut attendre que l’eau s’évapore. Idem pour le porc. À noter, absence totale de longues oreilles (là, ça n’est pas grave, car ces bêtes-là sont interdites à bord), pas de veau non plus et l’on ne trouve des canards que dans les dessins animés ou sur les mares. Utopique, que de vouloir une plaque de chocolat de 200 g (leurs rayons sont très pauvres, le chocolat de mauvaise qualité et très cher). Impossible de dénicher de la crème fraîche épaisse (sauf en conserve Nestlé et il est exceptionnel d’en trouver). La liste serait longue. Les différences culturelles sont criantes. Elles ont désespéré nos bipèdes qui rêvent parfois d’une côte de veau à la crème ou d’un plateau de charcuterie (le pâté n’existe pas là-bas). Mais, bien entendu, ils n’ont pas recherché les boutiques spécialisées qui existent dans les grandes villes. Et ces boutiques sont très rarissimes. Ils n’ont jamais vu une poissonnerie ou une boucherie par exemple. Les Américains ont la culture du supermarché et cela s’arrête là. Font timidement leur apparition : les marchés fermiers (qui, la plupart du temps, n’en ont que le nom). Les conséquences de cette «mal bouffe» sont visibles. Lorsqu’on observe les résidents, force est de constater qu’ils sont loin d’être en bonne santé et l’absence d’une éducation de base à ce sujet porte un préjudice conséquent à ce grand pays. Leur système de santé, absent pour une importante frange de la population, pose aussi un grave problème.
Autre constat, l’américain est d’un naturel aimable et n’hésite pas à rendre service. S’il peut aider, il le fera avec plaisir. Le personnel des boutiques fera tout son possible pour vous satisfaire. C’est juste extraordinaire pour un français qui s’entend généralement dire dans un supermarché français «c’est pas mon rayon» sur un ton aussi peu aimable que possible ! Hors contexte professionnel, il en est de même. Les gens sont généralement serviables ; du moins, pour ceux avec qui ils ont été en contact.
Les petits boulots sont tenus par de très jeunes employés, mais aussi, par des personnes, parfois très âgées. Dans les supermarchés, après les caisses, il n’est pas rare de trouver un « ancien » qui mettra vos provisions dans des sachets et vous les tendra ensuite.
Une différence fondamentale aussi, l’exhibition de son pouvoir d’achat. Elle s’exprime par une architecture ostentatoire et par l’achat des plus clinquants objets se trouvant sur le marché, les voitures, les yachts, les avions, etc.… L’américain « montre », mais il oublie souvent de cocher la case « classe » ! L’argent n’est pas un tabou.
Ce phénomène pose un problème concernant l’accès au littoral par exemple. Des kilomètres de rivages sont privés et impossibles d’accès au pékin venu de l’extérieur.
L’Amérique, sans tomber dans les clichés, et un ensemble d’ethnies qui se côtoient, s’affrontent ou sympathisent, selon les cultures, le pouvoir d’achat ou les religions. C’est un continent où la notion communautariste se traduit à tous les niveaux de la société. Ici, il faut être intégré à un groupe (ethnique, religieux où autre) où le rejet peut être violent.
Ce que le bipède marin apprécie par-dessus tout, c’est l’espace, la diversité des paysages et des gens. Peu importent les désagréments liés aux différences culturelles, les États Unis sont à découvrir comme un oignon que l’on épluche. À chaque couche enlevée se découvre un aspect inédit, un éclairage différent de ses propres références. Mais il est certain que nos bipèdes sont souvent horrifiés par le manque de conscience écologique, qui se traduit par l’absence de technologies telles que le solaire au l’éolien.

Il ne s’agit pas là d’un éloge naïf qui gommerait les effets, parfois nocifs, de la puissance américaine. Il est question d’un ressenti, à un moment donné, des perceptions superficielles de deux bipèdes marins qui ont longé la côte Est.

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