2019 — L’aventure continue.

Rentrés en août 2018, nos bipèdes marins ont écopé d’un « choc français ». Rassurez-vous, il est possible de le soigner.

Tout d’abord, ils ont fait face à une canicule bien installée sur le pays. Cumulé avec le décalage horaire, il a eu raison de leur énergie durant une bonne semaine. Il leur a fallu aussi s’immerger dans l’ambiance festive de l’été. Comme toujours en ce mois d’août, sacralisé par une France en vacances, les populations assiègent les littoraux. Le remède est à portée de la main, rester en retrait, patienter et avoir la certitude qu’ils finiront par rentrer chez eux.

Ce flux migratoire annuel prévisible est une constante du mental français ; tout comme son esprit râleur et vindicatif. Nous avons une réputation internationale à entretenir n’est-il pas ! Donc, l’été, c’est plage et l’hiver, c’est neige. Pourquoi pas, puisque c’est dans l’ordre des choses ici. Nos bipèdes regrettent simplement celui-ci. Qu’à cela ne tienne, ils s’adaptent. Autant profiter des opportunités qu’offre leur pays. Dès lors, ils retrouvent les joies épicuriennes et la douceur d’une météo méditerranéenne durant l’automne et l’hiver. Mais, parce qu’il y a en a toujours un, ils se sentent décalés, comme étrangers aux préoccupations et centres d’intérêt de leurs congénères terrestres. Nulle rancœur, juste un embarras momentané lors de conversations conviviales. L’exercice est amusant.

Il est toujours positif d’être à l’écoute des attentes, convictions et espoirs des autres. Apprendre est une nécessité, tout comme respirer, se nourrir et simplement vivre. Le seul problème est que certains l’ont oublié.
Aujourd’hui, les circuits d’information sont pléthore, mais il manque la connaissance. C’est simple, l’information n’explique rien. Elle est utile, essentielle, juste ou fausse. Une fois recueillie, l’information doit susciter la réflexion, et ce, quel que soit le sujet. Cela demande un minimum de cogitation et de sortir de sa zone de confort mentale. Nos bipèdes marins ont souvent l’impression que l’esprit d’analyse fait défaut, que les actions et discours sont issus de l’affectif et non de la pensée.

C’est, du moins, ce qu’ils observent depuis leur retour en Europe.
Avoir des convictions est le propre de l’homme. Encore faut-il qu’il soit capable de les remettre en question et sont-elles Vérité ? Rien n’est moins sûr. Résultat, les dialogues de sourds ont la cote et l’art de camper sur ses certitudes une manière d’être. Voilà comment nos bipèdes perçoivent la réalité du monde que les entoure. À l’instanté, le constat n’est pas très optimiste. Comme au poker, attendre et voir.

D’ici un mois, ils rejoignent le Québec. Cette perspective les stimule comme des enfants à la veille de partir en vacances. Comme toujours, leurs valises ressembleront à un cabinet de curiosités. Ils s’emploient à ne rien oublier et préparent les futures navigations.

Mers et océans sont des drogues dures. Il faut apprendre à doser leurs effets.
Ne jamais sous-estimer leurs puissances et respecter les signaux d’alerte.
Donc, comme toujours : SÉCURITÉ – SÉCURITÉ – SÉCURITÉ — seront les mots d’ordre à bord.

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