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Navigation tranquille et nous avons eu le plaisir de remonter jusqu’à notre mouillage en voyant la côte. Rien n’a vraiment changé depuis cinq ans. Nous sommes ici pour la troisième fois et notre ancrage est pratiquement identique aux précédents.
Depuis notre arrivée, nous surveillons l’évolution d’Ernesto qui nous pourrit bien la vie. Nous sommes plusieurs à attendre le bon vouloir de sa trajectoire qui nous épargne, nous effleure ou s’écarte. Dans l’expectative, nous jouons la sécurité et restons sur place au lieu de partir, comme prévu, aujourd’hui vendredi, pour rejoindre le canal de Canso.
Nous devrons attendre mercredi de la semaine prochaine pour penser à bouger.
Ici, nous en avons profité pour faire quelques courses et demain, nous irons musarder en ville et bénéficier de ses possibles.
Nous retrouvons le plaisir d’être « habillés ». Les nuits sont fraîches, autour de 10/14° et les journées aux environs de 20/25°. Ces conditions sont favorables au repos, nous pouvons bouger sans « dégouliner ».
Toujours là. Ernesto a l’air de s’écarter plus que prévu et nous commençons à « respirer ». Cependant, le pic du passage est prévu mardi et nous attendons sagement.
Un français est notre voisin (il vient de Patagonie et rentre en France). Voilà qui fait très plaisir de rencontrer des gens qui naviguent.
Hier, nous avons fait une escapade en ville et sur les quais où un monde fou déambulait du soleil. Nous en avons profité pour faire un tour au petit musée de la marine qui relate surtout l'explosion d’Halifax. Elle se produit le 6 décembre 1917 lorsque le cargo français Mont-Blanc, transportant des tonnes de munitions (benzol, acide picrique, TNT et fulmicoton) à destination de l'Europe alors en guerre, entre en collision avec un navire norvégien, l'Imo. Le Mont-Blanc prend feu et explose vingt minutes plus tard, tuant 1 946 personnes et en blessant des milliers d'autres. L'explosion provoque un tsunami et une onde de choc si puissante qu'elle casse des arbres, plie des rails de chemin de fer et démolit des édifices, projetant des débris à plusieurs kilomètres. L'explosion se fait entendre à 420 kilomètres de distance.
Une exposition permanente explore aussi le naufrage du Titanic, en insistant sur le lien qui existe entre la Nouvelle-Écosse et la récupération des corps des victimes du bateau. Il possède la plus importante collection d'objets en bois du Titanic au monde, notamment l'un des rares transats encore existants. L'exposition Titanic comprend également une paire de chaussures qui a permis d'identifier « l'enfant inconnu » du Titanic comme étant Sidney Leslie Goodwin.
Laurent, notre compatriote et voisin est venu déjeuner sur Adélie. À son actif, un tour du monde et deux balades en Patagonie. Skipper de métier, il retourne en France avec son voilier en contreplaqué.
Il est seul et a déjà effectué cette traversée retour une première fois.

En fin d’après-midi, l’on nous demande de changer de place. Nous sommes sur la ligne de départ de la régate qui a lieu en début de soirée. Nous ne sommes pas ravis, mais ils sont chez eux et il est normal d’avoir la courtoisie de s’exécuter, même si nous aurions pu jouer les mauvais esprits.
En conséquence, nous allons à la marina faire le plein de gasoil (1,71$, plus cher qu’à Shelburne où c’était 1,63$) bref ! Nous allons mouiller non loin de Laurent, notre voisin français.
Cette régate ridicule n'a duré qu'un quart d’heure ! passons.