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À 11 h, nous quittons le mouillage. Il faut à peu près une heure pour sortir à l’étale pleine mer de Miami. Chose faite, nous avons peu de houle, très peu de vent et mer assez plate. Il fait beau et nous sommes contents de laisser la Floride derrière nous, moins de devoir être au moteur.
Être au large est une sensation à nulle autre pareille et nous avons vraiment aimé nous retrouver seuls et entourés d’eau.
Il faut maintenant traverser le Gulf Stream à peu près perpendiculairement. Comme nous l’avons déjà pratiqué deux fois, nous sommes confiants. Oui, mais le vent prévu n’est pas au rendez-vous (vent de face) et nous voici, pour les trois quarts restants du trajet, à « ramer » à 2/3 nœuds avec une forte houle de travers. Pas drôle cette navigation, sous le soleil. Nous avons peu dormi. En fin de parcours, nous avons, tout de même pu envoyer le génois et la combinaison avec le moteur nous a fait bien accélérer.
C’est vers 18 h 15 que nous étions enfin arrivés sur le mouillage. Bonsoir Chup Kay.
Et là, surprise, le guindeau ne fonctionne pas à la descente de l’ancre. Il ne marche que pour la monter ! C’est donc à la main qu’il a fallu la mettre en place.
Demain est un autre jour. Nous fêtons, tout de même, notre venue par un whisky, dînons et dodo.
Dormi, au minimum 10 h. Réveil sous le soleil. Mon capitaine est parti à la marina en annexe. Il l’y laissera, paiera 110 $ droit d’être amené au bureau des douanes et émigration. C’est du vol qualifié, mais ils pratiquent partout cette possibilité de racket ! Les précédentes fois, c’était gratuit (et comme dirait l’autre, « oui, mais c’était avant ! »). Aujourd’hui, la politique des Bahamas est de pouvoir engranger le maximum de devises et de viser un tourisme haut de gamme. La plupart des îles sont privées. Pour pouvoir accoster quelque part, il faut s’acquitter de frais plus ou moins onéreux. Nous le savons, mais les Bahamas sont l’unique possibilité, proche des États-Unis, de sortir Adelie de leur sol et nous aussi, par la même occasion (même si nos visas nous permettent d’y rester encore jusqu’en mai). Ainsi, après 15 jours effectifs hors territoire (c’est le minimum) nous pouvons retourner aux USA, demander un nouveau cruising permit qui nous autorisera à naviguer sereinement.
Le pavillon jaune est remplacé par le drapeau de courtoisie bahamien. C’est parfait.
Forte houle au menu pour la traversée. La combinaison génois et Beta (moteur) est toujours d’actualité. Soleil mitigé et petite chaleur bahamienne. Nous avons passé la nuit précédente à nous faire « rouler » comme il faut.
Ici, c’est un superbe mouillage très protégé, sauf des vents du Nord. Nous sommes seuls dans la baie et en sommes heureux comme tout. Les sensations maritimes, la gestion du bateau en fonction de l’état de la mer et de la météo sont juste géniales. Profiter du cadre qui nous entoure et admirer les nuances turquoise de l’eau sont un bon programme pour cet après-midi.
Ce soir, nous boirons un verre de vin et fêterons notre entrée ici. Il y a trois mois, nous retrouvions Green Cove… Car ça n’a vraiment pas été simple d’arriver où nous sommes. Espérons que les Dieux de la Météo nous viennent en aide pour la suite. La route sera encore très longue jusqu’à notre lieu de stockage hivernal.
Mais chaque chose en son temps. Pour l’instant, nous comptons bien profiter des Bahamas. Cependant, tout va dépendre des conditions qui s’offriront à nous.
Un voilier américain est venu se joindre à nous en milieu d’après-midi hier.
Nous sommes allés faire un tour à terre. Le petit port et ses alentours ont l’air laissés en déshérence. Il n’y a qu’une station essence et un ancien restaurant fermé. Le lieu doit reprendre vie au printemps.
Premier plouf dans les eaux turquoise ; frisquet.
Nous sommes cinq au mouillage. Trois sont arrivés en file indienne hier, vers 17.
En soirée, un petit cargo s’est amarré perpendiculairement au quai et il y a eu un concert sympa. Sur le pont était installé un bar. L’idée nous a plu. Nous ne nous y sommes pas rendus, car l’annexe est positionnée à nouveau sur le pont.
Ce matin, le vent Sud/Ouest vient de se lever. Bliss, le voilier des Américains vient de partir. C’est la nuit prochaine que de vent devrait pas mal souffler. Nous, nous en tenons à la météo prise jeudi dernier. Ici, il n’y a pas la possibilité d’acheter une Sim locale. C’est d’ailleurs la raison qui nous amène à nous rendre à Nassau demain matin. En espérant qu’il y ait de la place au mouillage.
Ou rien ne se passe comme escompté.
Dimanche dernier, le vent s’accentue et mon capitaine décide d’attendre le lendemain pour bouger. Il n’avait pas prévu la suite d’événements. Vers 2à h 30 un maxi-orage nous tombe dessus et après son passage, mer agitée et souffle de plus en plus conséquents.
Les portes de l’enfer s’ouvrent. C’est un Norther. Il apparaît en force et nous voici piégés. Que le cauchemar commence. Le mouillage tient, mais nous devons rester en veille (dans la nuit de dimanche à mardi, même mettre le moteur et soulager le guindeau de temps en temps — deux heures dans le cockpit et, autour de nous, l’enfer). Nous avons confiance de Adelie qui a fait ses preuves, il nous faut juste attendre et résister. Et c’est long. Nous avons vécu pire.
Les autre voiliers se sont réfugiés dans le mini-port (ils ont bien eu raison……)
De l’adrénaline saturée dans es veines, nous ne sentons pas vraiment la fatigue. Elle nous tombera dessus lorsque tout sera terminé.
Hier, nous quittons Morgan Bluff avec joie et en forme.
Notre mouillage est très sympa ; mais……….